Nouvel accès d'anti-américanisme à l'UPR

Publié le par Tythan

François Asselineau accusé d'anti-américanisme par Léa Salamé lors de son passage à On n'est pas couché

François Asselineau accusé d'anti-américanisme par Léa Salamé lors de son passage à On n'est pas couché

L'Union Populaire Républicaine s'attire régulièrement, que ce soit de ma part ou d'ailleurs des accusations d'anti-américanisme primaire. Ainsi, dans un article que je regrette de ne pas avoir eu le temps de commenter avant, François Asselineau a enchaîné les prises de positions complotistes en relayant la prétendue interdiction qu'auraient les pilotes américains d'attaquer le Front Al Nosra.

J'avoue que je n'arrive pas à comprendre comment un article aussi odieux ne suscite pas plus de commentaires et de réactions : à lire les commentateurs sur le très conspirationniste Agoravox par exemple, personne ne réagit. La page facebook de l'UPR donne elle-aussi la nausée avec des commentateurs qui se réjouissent de la reprise des thèses conspirationnistes et appellent à juger pour trahison les dirigeants français quand ce n'est pas carrément à les fusiller. Bref, c'est une honte et je m'étonne que personne ne réagisse plus à ces pages nauséabondes. Suis-je le seul à m'intéresser à l'UPR en dehors des frappadingues qui sévissent sur internet?

L'article en question se base en fait sur une information du Canard enchaîné selon laquelle les aviateurs américains auraient reçu pour consigne de ne pas bombarder les positions non seulement des rebelles syriens, dans les rangs desquels figurent Al-Nosra, mouvement issu directement de la mouvance d'Al-Quaida, mais aussi et surtout le prétendu Etat Islamique.

Cette information me paraît plus que douteuse, et ce pour une raison très simple : la guerre aérienne moderne, telle qu'elle est aujourd'hui pratiquée en Syrie par les forces occidentales, fait que les aviateurs ne frappent que des cibles préétablies, soit dans le cadre d'objectifs stratégiques choisis longtemps à l'avance (à l'image des frappes françaises en Syrie) soit dans le cadre d'un appui tactique réclamé par les forces au sol, qui sont aujourd'hui totalement inexistantes en Syrie. Il est donc totalement exclu que les militaires américains aient interdit à leurs pilotes de frapper le front Al-Nosra, tout simplement parce que l'approche qu'on leur demande est positive : on leur demande d'attaquer l'objectif un tel, bien identifié. Qu'on ne leur demande pas d'attaquer tel autre ne signifie pas qu'il est interdit de l'attaquer, mais simplement qu'un tel est la cible prioritaire.

Ce qui est donc en revanche possible, c'est que les hauts gradés américains n'aient jamais demandé à leurs pilotes de frapper ces mouvements : le résultat serait le même, mais tout lecteur comprend bien qu'il ne s'agit pas d'une interdiction à proprement parler. Est-ce toutefois ce à quoi le canard faisait allusion?

Aapparemment non, puisqu'en fait il est totalement faux de dire que les Américains n'aient pas bombardé Al Nosra. Une rapide recherche google m'apprend que la coalition occidentale a frappé notamment le front Al-Nosra en décembre 2014 (ce qui invalide la chronologie indiquée par le canard enchaînée, parlant d'une interdiction en vigueur depuis plus d'un an le 6 octobre 2015). Un article de Libération de septembre 2014 explique que les bombardements américains avaient faits se rapprocher l'Etat Islamique avec d'autres composantes de la région. Je ne complète pas plus mes recherches : pour moi, la preuve en est faite : contrairement à ce qui est avancé, les Etats-Unis ont bien frappé le front Al-Nosra et l'article du Canard n'est pas, comme de nombreux autres au sein de ce journal satirique, sérieux.

L'information relayée par le Canard est donc totalement fausse, et il est probable que François Asselineau et le journaliste du Canard soient intoxiqués par la propagande russe ainsi que le relate ici et ici Nicolas Hénin, grand reporter et ex-otage, spécialiste reconnu de la question syrienne (étant précisé qu'il est très hostile au régime syrien : il faut donc faire attention à prendre du recul sur ce qu'il dit, mais sur cette information précise, décrivant un fait, jusqu'à preuve du contraire, j'aurais mille fois plus tendance à le croire lui plutôt qu'un vieux scribouillard parisien, naguère exclu du Parti Communiste, certainement bon professionnel mais qui n'est pas spécialiste de la région où il ne s'est probablement jamais rendu et dont il ne parle pas la langue).

Mais, afin de continuer d'analyser les propos de François Asselineau et démasquer son anti-américanisme, faisons comme si cette information, qui s'est révélée dans les faits fausse, était juste. Supposons donc que les Américains aient donc effectivement donné l'ordre à leurs pilotes de ne pas toucher un cheveu des soldats djihadistes.

Est-ce que pour autant, sur la base de cette information (en fait fausse, rappelons-le une dernière fois), il est possible d'affirmer comme le fait François Asselineau :

"Ainsi donc, tout l'édifice de propagande et de mensonges des dirigeants de Washington et de ses vassaux européistes est en train de s'effondrer sous nos yeux, à une allure vertigineuse. "

La réponse est bien entendu non : ce n'est pas parce qu'on n'attaque pas un protagoniste d'un conflit qu'on le soutient, le syllogisme employé par François Asselineau ne tient absolument pas.
On note par ailleurs les qualificatifs employés par François Asselineau pour parler des Américains : "propagande", "mensonges", "vassaux"...

Bien entendu que les Américains ont un discours officiel qui s'éloigne de la réalité. C'est vrai de tous les pays, Vladimir Poutine compris. Mais enfin, sur la Syrie, je n'ai pas noté particulièrement de mensonges Américains.

Au contraire, les Américains reconnaissent leurs échecs plutôt ouvertement, ainsi qu'en témoigne cet article annonçant la fin de leur coopération directe avec une armée non djihadiste qui n'existait pas autrement que sur le papier et une politique beaucoup plus restrictive quant à leur livraison d'armes.

En fait, c'est tout le raisonnement de François Asselineau qui est biaisé, basé sur un syllogisme complètement ridicule et que les faits et l'histoire ont de tout temps démonté.

A suivre François Asselineau, on comprend que parce que les Etat-Unis seraient alliés à l'Arabie Saoudite, au Quatar et à la Turquie, eux-mêmes soutiens du Front Al Nosra, les Etat-Unis seraient des soutiens du Front Al-Nosra...

C'est bien évidemment beaucoup plus compliqué que cela,et heureusement que l'on ne peut pas réduire les relations internationales à l'adage "les amis de mes amis sont mes amis, les amis de mes ennemis sont mes ennemis et les ennemis de mes ennemis sont mes amis". Ce serait bigrement simple, l'humanité se rangeant bien sagement dans deux camps opposés... Mais c'est évidement totalement contraire à la réalité.

François Asselineau n'avance pas la moindre preuve justifiant sa prise de position selon laquelle:

"Le prétendu "État islamique" et les terroristes d'Al Nosra-Al Qaïda sont combattus officiellement, mais en réalité soutenus discrètement, par Washington et ses domestiques."

Ce passage est d'ailleurs assez incroyable, porteur d'accusations extrêmement graves qui mériterait un minimum de débat.

Mais ce n'est pas la fin de l'article de François Asselilneau, qui part dans des délires dont la confusion en dispute au complotisme le plus dangereux. Car pour lui, le prétendu soutien des Américains au Front Al-Nosra est non seulement volontaire, mais s'inscrit dans une stratégie machiavélique (texte de FA en italique, mes commentaires en dessous) dont les buts seraient les suivants :

a)- détruire l’État syrien et lui substituer une situation de chaos chronique, permettant à la fois de piller impunément les richesses de la Syrie (matières premières, trésors archéologiques...) et d'anéantir un État potentiellement adversaire.

Cette position est absolument ridicule et incohérente. Les Etats-Unis, puissance dominante, ne cherchent évidemment pas à instaurer le chaos, qui en réalité n'a jamais profité à qui que ce soit. En revanche, ils recherchent effectivement des régimes qui ne leur résistent pas trop et épousent, au moins dans une certaine mesure, ses intérêts, ce qui explique aujourd'hui son hostilité radicale au régime de Bachar El Assad.
Il faut être sérieux au bout d'un moment : la Syrie, même une fois reconstruite sur une base solide qu'on n'entrevoit pas vraiment aujourd'hui, ne constituera jamais un adversaire à la mesure des Etats-Unis, qui continueront de dominer le monde. Enfin, il faut arrêter aussi avec ces fantasmes de pillages archéologiques, qui peuvent effectivement être le fait de particuliers particulièrement imbéciles et criminels, parmi lesquels pourraient se trouver des Américains. Mais au 21ème siècle, le pillage archéologique n'a jamais été une politique étatique des Etats-Unis, dont la richesse culturelle n'a pas grand chose à envier à la Syrie, aussi beaux qu'y soient les vestiges antiques et médiévaux. Comme tous les occidentaux, les Américains sont horrifiés par le saccage culturel de l'EI.

b)- mettre en scène le "Choc des Civilisations" en présentant aux opinions publiques occidentales l'ensemble des musulmans comme des criminels fanatiques. Les atrocités commises par l'EI ou Al Nosra ne doivent surtout pas s'arrêter : elles doivent durer, encore et encore, pour encombrer les postes de télévision en Europe et en Amérique du nord afin d'entretenir la peur, l'effroi et la haine dans les opinions publiques.

De la pure logique complotiste, dans la lignée de ceux prétendant que les attentats du 11 septembre ont en fait été formentés par la CIA pour je ne sais quoi... Il faut arrêter de raconter n'importe quoi au bout d'un moment, les grands méchants de la CIA ne sont certes pas des anges mais supposer qu'ils soient derrière les atrocités de l'EI ou d'Al Nosra sont des accusations à l'emporte pièce sans le moindre début de fondements autres qu'un anti-américanisme viscéral (on n'ose plus dire "primaire"). Ils n'ont jamais chercher à créer cette situation.

Surtout, en quoi attiser le "Choc des civilisations" présenterait un quelconque avantage pour les Américains? Personne n'y a plus intérêt qu'un autre, c'est n'importe quoi.

c)- inciter les pays de l'Union européenne à partir en "guerre contre le terrorisme", en désignant des "ennemis intérieurs" et en supprimant les unes après les autres toutes nos libertés publiques. Pour installer cette dictature subreptice, il est également essentiel de maintenir en survie et de promouvoir médiatiquement l'EI et Al-Qaïda-Al-Nosra.

La France et les pays de l'UE n'ont besoin de personne pour s'inventer des ennemis intérieurs, qui, bien qu'en nombre bien entendu infinitésimal, existent bel et bien.
Personne n'a promu médiatiquement l'EI autrement qu'eux-mêmes. L'EI a très bien compris certaines techniques de communication et les applique. La fascination pour la violence et la radicalité fait le reste, c'est tout. Jamais aucune officine américaine n'a promu l'EI ou le Front Al-Nosra, il faut arrêter encore une fois de raconter n'importe quoi.

Quant aux libertés publiques soit-disant supprimées, il faut arrêter un peu, c'est n'importe quoi : aujourd'hui, elles restent incroyablement bien protégées dans un pays comme la France. C'est notamment elles qui permettent à François Asselineau d'insulter un pays allié (et de plus dominant) sans aucune conséquence pour lui et ses séides.

d)- préparer les opinions publiques occidentales au déclenchement d'autres guerres d'agression (contre l'Iran ? contre le Belarus ? contre la Russie ? ), au nom de cette "guerre contre le terrorisme".

N'importe quoi, François Asselineau prête aux Américains des intentions belliqueuses dont il n'a aucune preuve et qui en plus, s'agissant de l'Iran, sont totalement à contre-courant de la tendance actuelle.
François Asselineau termine son lamentable article en prévoyant que "l'effondrement de l'Empire est en vue", tout ça parce que la Russie se dresserait contre les Américains... Je ne perds pas mon temps pour expliquer l'inanité de cette projection géopolitique si ce n'est pour remarquer que François Asselineau s'en réjouit et espère qu'elle arrivera vite.

Quoiqu'on pense des Américains, il est indéniable que cet article, par ses amalgames, témoigne d'un anti-américanisme absolument primaire. François Asselineau prête aux Américains des desseins aussi machiavéliques que contradictoires qui relèvent, à proprement parler, d'une véritable xénophobie, en contradiction totale avec les valeurs de la charte de l'UPR à laquelle il prétend par ailleurs adhérer. C'est une chose de critiquer la politique étrangère des Etats-Unis, c'en est une autre de la décrire de manière complotiste et aggressive en appelant à son effondrement.

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J
"Le prétendu "État islamique" et les terroristes d'Al Nosra-Al Qaïda sont combattus officiellement, mais en réalité soutenus discrètement, par Washington et ses domestiques."<br /> Ce passage est d'ailleurs assez incroyable, porteur d'accusations extrêmement graves qui mériterait un minimum de débat.<br /> <br /> Avant de supprimer mon post, prenez le temps de le lire. Faisons donc entrer Tulsi Gabbard dans le débat, élue démocrate à la Chambre des Représentants des Etats-Unis, qui a déclaré récemment sur CNN : "... la CIA devrait cesser cette guerre illégale et contre-productive qui vise à renverser le gouvernement syrien d'Assad... Je ne veux pas que le gouvernement américain fournisse des armes à Al-Qaida, aux islamistes extrémistes, à nos ennemis...". Donc, si une femme politique américaine juge avec certitude que le soutien à l'opposition modérée est détourné par les islamistes, c'est que la CIA en a elle-aussi mesuré le risque. Tout votre argumentaire tombe à l'eau, car comme vous le savez et si vous l'ignoriez Wikipédia vous en apportera la confirmation, l'ASL n'a aucune présence de poids sur le terrain si ce n'est d'assurer un soutien anti-blindés aux takfiristes avec les missiles TOW (60000 dollars pièce). La CIA ne peut être ignorante de ce fait : cela s'appelle bien un soutien discret, sinon indirect à ceux-là mêmes qui sont responsables des attentats du 11 septembre.<br /> <br /> https://www.facebook.com/VoteTulsi/videos/vb.174866249236469/947679615288458/?type=2&theater
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T
"Avant de supprimer mon post, prenez le temps de le lire."<br /> <br /> J'ai pour habitude de tout lire, y compris les commentaires les plus incohérents. En revanche, je me réserve le droit de publier les commentaires : je ne publierai a priori jamais tout propos tombant sous le coup de la loi (ce qui inclut les propos insultants), mais il m'arrive également de ne pas publier les commentaires incohérents, hors sujets ou surtout ceux auxquels j'ai déjà répondu. S'agissant du vôtre, je le publie sans aucun problème : vous apportez une argumentation, qui, bien qu'elle tombe à côté, n'est en rien répréhensible.<br /> <br /> "Faisons donc entrer Tulsi Gabbard dans le débat, élue démocrate à la Chambre des Représentants des Etats-Unis, qui a déclaré récemment sur CNN"<br /> <br /> Franchement, je n'avais jamais entendue parler de cette personne avant de voir votre commentaire. Cette personne est une élue américaine et ne représente donc, quand elle parle de la politique de son pays, qu'elle-même. Ce n'est pas parce qu'elle est américaine et qu'elle critique la politique de son pays qu'il faut forcément adopter son point de vue.<br /> <br /> "La CIA devrait cesser cette guerre illégale et contre-productive qui vise à renverser le gouvernement syrien d'Assad"<br /> <br /> Il est assez clair et établi que les Etats-Unis ont souhaité le renversement du gouvernement syrien actuel. Mais, à supposer que la CIA en soit à l'origine (ce qui me paraît assez largement faux), il y a bien une chose de certaine : les Etats-Unis, et encore moins la seule CIA, n'ont absolument pas le pouvoir de faire cesser la guerre civile syrienne.<br /> <br /> "Donc, si une femme politique américaine juge avec certitude que le soutien à l'opposition modérée est détourné par les islamistes, c'est que la CIA en a elle-aussi mesuré le risque."<br /> <br /> Non. Votre syllogisme ne tient pas. Le fait est qu'il est évident que la CIA a dû mesurer le risque que les armes livrées à l'opposition dite "modérée". Il n'y a pas besoin qu'une femme politique américaine ait ou non une opinion à ce sujet. Personnellement, je ne sais pas si la CIA a été naïve ou si au contraire elle était consciente que les armes confiées à l'opposition "modérée" allaient renforcer le front Al-Nosra et donc affaiblir le gouvernement syrien. Le fait que les Américains aient reconnus leurs erreurs et annoncés qu'ils cesseraient de fournir des armes à l'opposition modérée m'incite plutôt à penser qu'ils ont mal évalué les risques.<br /> <br /> Ce qui me paraît très possible aussi, c'est qu'à la CIA, on ait été très conscient de ces risques mais que d'autres départements américains, notamment celui aux affaires étrangères, aient poussé au renforcement de l'opposition "modérée". <br /> <br /> "Tout votre argumentaire tombe à l'eau"<br /> <br /> Et là, il y a un élément de logique qui pour le coup ne m'apparaît pas clairement. L'objet de mon article est de démontrer que les Etats-Unis ont bombardé le Front Al-Nosra et que dès lors il est faux de prétendre qu'il y ait une interdiction à ce sujet et d'en déduire que les Etats-Unis soutiendraient le Front Al-Nosra.<br /> <br /> En quoi le fait que les Américains aient été conscients du risque de voir les armes tombées entre les mains d'Al-Nosra marquerait la preuve qu'en réalité ils les soutiendraient? <br /> <br /> "car comme vous le savez et si vous l'ignoriez Wikipédia vous en apportera la confirmation, l'ASL n'a aucune présence de poids sur le terrain"<br /> <br /> Je le sais et je n'ai pas besoin de Wikipedia pour ce faire. Sur le sujet d'ailleurs, je vous inviterai à rester extrêmement prudent avec Wikipedia, qui peut parfois être très orientée : je vous conseille de lire les articles mis en référence directement et ne prendre qu'avec des pincettes les analyses de Wikipedia : pour être franc, je préfère lire des analyses idéologiquement biaisées mais signées plutôt que ce qui ressemble souvent à une bouillie anonyme.<br /> <br /> "La CIA ne peut être ignorante de ce fait : cela s'appelle bien un soutien discret, sinon indirect à ceux-là mêmes qui sont responsables des attentats du 11 septembre."<br /> <br /> Non, non et non. Ce n'est pas parce que la CIA ou je ne sais qui serait consciente d'un risque, voire même laisserait faire, qu'il s'agirait d'un soutien.<br /> <br /> Je note tout d'abord votre embarras, lorsque vous parlez d'un "soutien discret, sinon indirect", vous n'êtes pas clair. Je comprends que vous êtes conscient que vous n'arrivez pas à prouver que la CIA ferait preuve d'un soutien discret et vous vous rabattez sur la notion de "soutien indirect".<br /> <br /> Cette expression pose problème : le soutien est a priori quelque chose de volontaire, et c'est cette caractéristique qui fait qu'on peut juger moralement de l'attitude des Américains. La question qui se pose n'est donc pas celle de l'effet direct ou non de leur action (il est établi qu'il s'agit d'un effet indirect : ils ont aidé l'ASL, qui s'est révélé une coquille vide et a donc transféré cette aide au bénéfice du front Al-Nosra), mais de savoir si les Américains savaient que ce faisant, ils allaient automatiquement aider le front Al-Nosra.<br /> <br /> Et ça, je suis désolé, mais vous ne l'établissez pas. Il faudrait pour cela que vous soyez capables de prouver que dès l'origine, l'ASL n'aurait jamais aucune consistance, ce qui relève d'une mission impossible, qui plus pour de simples citoyens n'ayant accès qu'aux informations publiques (mais c'est déjà beaucoup). <br /> <br /> Et quand bien même vous l'établiriez que cela ne ferait pas des Etats-Unis les grands méchants loups. Les choses sont plus compliquées qu'il n'y paraît. Prenons votre hypothèse, qui reste je le rappelle non établie, selon laquelle les Américains aient su dès l'origine que donner des armes à ASL, c'étaient les donner dans les faits au front Al-Nosra. Cela est-il la preuve d'un soutien indirect au front Al-Nosra? C'est le raisonnement que vous suivez, et il est assez intuitif. Mais pourtant, votre syllogisme ne tient pas. Car si les Américains ont vraiment agi de cette façon (ce qui, je le rappelle, n'est pas établi), ils ont pu le faire pour tout un tas de bonnes raisons autres : donner un minimum de consistance à cette ASL qui sinon n'aurait pour le coup absolument pas existé, répondre à des objectifs politiques, justification auprès de l'opinion publique américaine que tout était fait pour que les Syriens se prennent en main eux-mêmes, que sais-je encore. Dans ces conditions, il est donc possibles que ces grands méchants d'Américains aient accepté cet effet indirect de leur politique tout en le déplorant.
D
Ah bon, vous êtes très mal informé ! Ceci pour éviter de vous ridiculiser davantage, je vous conseille de mieux vous informer avant de d'éviter de telles âneries qui vous décrédibilisent ! https://www.upr.fr/actualite/les-analyses-du-president-de-stratfor-confirment-une-nouvelle-fois-le-bien-fonde-des-analyses-de-l-upr
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T
"Ah bon, vous êtes très mal informé !"<br /> <br /> Je ne prétends pas être particulièrement bien informé sur les sujets syriens et le moyen orient en général. Ceci étant dit, à chaque fois que j'ai affirmé une chose, j'ai sourcé cette information. Par exemple, lorsque l'UPR affirme avec le journaliste du canard enchaîné que les aviateurs américains<br /> n'auraient pas, sur ordre, attaqué le front Al-Nosra parce qu'en réalité il le soutiendrait, j'ai trouvé une source qui établissait le contraire. Est-ce que vous contestez cette source?<br /> <br /> "Ceci pour éviter de vous ridiculiser davantage, je vous conseille de mieux vous informer avant de d'éviter de telles âneries qui vous décrédibilisent !"<br /> <br /> On voit bien là tout le problème : plutôt que de discuter rationnellement du sujet de mon article, vous expliquez que je me serais ridiculisé et que j'aurais dit des âneries. Je veux bien tout entendre et il est possible effectivement que je me sois trompé. Maintenant, comme vous n'incriminez aucun fait précis, ne pointez aucun propos particulier de mon article, je suis bien en peine de vous répondre si tant est que j'en avais l'envie. Je vous remercie donc de bien vouloir 1) vous excuser 2) expliquer précisément en quoi mon article serait ridicule ou faux.<br /> <br /> "https://www.upr.fr/actualite/les-analyses-du-president-de-stratfor-confirment-une-nouvelle-fois-le-bien-fonde-des-analyses-de-l-upr"<br /> <br /> Le lien ne fonctionnait pas, mais j'ai quand même retrouvé cette analyse dont vous parlez. Voici un lien qui fonctionne :<br /> <br /> http://entrechienetloup6.blogspot.fr/2015/04/les-analyses-du-president-de-stratfor.html<br /> <br /> Il est très intéressant de remarquer qu'en réalité, dans l'extrait vidéo comme dans l'article de l'UPR, à aucun moment il n'est question des bombardements en Syrie.<br /> <br /> Sinon, sur le reste de la vidéo, ce n'est pas inintéressant mais la valeur de ce type de témoignage est au final très faible. M. Georges Friedman n'est pas un représentant du gouvernement américain mais seulement des intérêts de sa société et il est évidemment hors de question que je crois sur parole l'UPR lorsqu'elle affirme que M. Friedman serait "une sorte d'analyste et de porte-parole officieux de la "communauté du renseignement" aux États-Unis, CIA en tête". <br /> <br /> Et cette affirmation, pour le coup, elle est totalement ridicule. Il suffit de la lire calmement et de réfléchir deux secondes : l'idée d'un "porte-parole officieux" de la communauté du renseignement doit déjà vous faire tiquer : les agences de renseignements ne sont par essence pas de grandes communicantes, mais en général si elles ont un message à faire passer, elles ne le font pas via des auteurs de best-seller et affairistes en mal de reconnaissance. Il y a plein de moyen : grands reporters, anciens de la maison en retraite, professeurs d'université... Mais si en plus on vous dit que ce soi-disant "porte parole officieux" serait également une "sorte d'analyste", il n'y a pas besoin d'avoir fait de grandes études pour conclure que l'auteur de cette phrase est un imbécile qui n'y connaît rien.<br /> <br /> D'ailleurs, au cours de cette vidéo (qui est complètement hâchée : la vidéo sélectionne certaines questions, sans les remettre dans un ordre logique, ce qui nuit à la cohérence de l'ensemble), on entend quelques énormités, entre autres le moment où M. Friedmann explique que le Royaume-Uni n'aurait jamais occupé militairement l'Inde, se contentant d'y envoyer quelques officiers... C'est historiquement totalement faux, même si bien sûr l'armée anglaise d'Inde comprenait un très grand nombre de militaires originaire du pays (ce qui n'a d'ailleurs pas été sans conséquence). De même, le parallèle entre le monde romain et la situation actuelle est complètement anachronique.<br /> <br /> Autre point, et non des moindres, l'idée de M. Georges Friedmann selon laquelle la seule chose qui ferait peur aux Américains serait une alliance germano-russe reste très discutable et aujourd'hui, il est clair que ce point n'est pas à l'ordre du jour.<br /> <br /> Voilà, je ne vais pas polémiquer outre mesure sur la vidéo de M. Friedmann dont au fond je me contrefous. En tous les cas, il y a une chose de certaine : le lien que vous donnez n'a pas grand intérêt pour un commentaire à mon article.